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Remettre notre biologie à l'ordre du jour, un article signé par Chantal Vander Vorst

Les neurosciences et sciences du comportement humain apportent aujourd’hui un regard neuf et presque objectif sur notre biologie et sur nos cent milliards de neurones. Ce savoir et cette compréhension sont sous-tendus par une ferme conviction qu’une meilleure compréhension de qui nous sommes en tant qu’espèce humaine peut mener à des vies motivantes, des relations constructives et un environnement professionnel trouvant le point d’harmonie entre bien-être et performance.

Le savoir et la compréhension ne sont pour autant pas suffisants pour aborder les changements et l’évolution parfois nécessaires des entreprises, des équipes ou des individus : ils doivent s’inscrire dans une politique de recherche appliquée continue, de création d’outils pragmatiques et s’accompagner d’une volonté de diffusion et de partage au plus grand nombre.

A PROPOS DE L’HOMO SAPIENS SAPIENS

Notre espèce, Homo Sapiens Sapiens est la seule espèce humaine identifiée sur terre. Il semble qu’elle ait éradiqué les autres espèces humaines par un mécanisme non encore entièrement élucidé.

Nous pourrions peut-être trouver dans cette éradication une des explications possibles à la suprématie que l’humain s’auto-attribue ainsi que sa déconnexion progressive par rapport au respect de sa biologie et des systèmes vivants qui l’entourent, telle la terre.

Cette déconnexion atteint ses limites.

STRATES ANATOMIQUES

Relevons un grand paradoxe : nos neurones sont totalement libres, rien ne les empêche de créer, d’innover, d’avancer… et pourtant nos pensées et actions sont régulièrement limitées par rapport à toutes les possibilités. Comment est-ce possible ?

Nous avons plusieurs strates anatomiques et fonctionnelles dans notre encéphale, ce qui signifie que nous sommes le lieu de plusieurs « gouvernances » parfois rivales, ou pour le moins pas toujours sur la même longueur d’ondes. Ce décalage, ces conflits intérieurs se manifesteront par des indicateurs que nous connaissons fort bien : le stress, une baisse de motivation, l’inertie et baisse des indicateurs de performance.

Notre intelligence globale serait issue du néocortex préfrontal. Le haut front de notre espèce serait donc bien le siège de nos capacités logiques, créatrices, et de gestion de la complexité. Sa place dans l’être est surprenante : loin d’être le cœur de notre conscience régnante, le préfrontal semble essentiellement inconscient ou silencieux, et son rôle serait donc entre autres de nourrir notre intuition.

Les parties plus conscientes et plus bruyantes de notre cerveau ne sont donc pas capables de prendre du recul et des décisions complexes. Rien d’étonnant donc que l’Homo Sapiens Sapiens fasse parfois n’importe quoi, prenne des décisions irrationnelles, même au détriment de sa propre survie.

LA TOXICITÉ À TOUS LES NIVEAUX

Rien d’étonnant donc non plus dans le fait de créer des systèmes toxiques pour notre espèce, non par mauvaise volonté, mais plutôt par méconnaissance de notre propre fonctionnement.

Dans les répertoires toxicologiques de chimie, l’on peut lire ceci : la toxicité englobe l’ensemble des effets néfastes d’un toxique sur un organisme vivant. L’effet néfaste est lié à la dose, à la voie d’absorption, au type et à la gravité des lésions ainsi qu’au temps nécessaire à l’apparition d’une lésion. Un effet aigu se fait sentir dans un temps relativement court (minutes, heures, jours), tandis qu’un effet chronique ne se manifeste qu’après un temps d’exposition relativement long et de façon permanente (semaines, mois, années). Un effet local survient au point de contact, tandis qu’un effet systémique survient à un endroit éloigné du point de contact initial.

La toxicité humaine pourrait se définir exactement de la même façon et se décline selon Chantal Vander Vorst en trois niveaux :

  • La toxicité relationnelle dont on parle le plus dans les médias et qui affecte la relation elle-même
  • La toxicité systémique dont on parle extrêmement peu et qui met en lumière l’impact de la façon dont on conçoit la structure organisationnelle
  • La toxicité individuelle dans laquelle nous devenons notre propre bourreau. Largement méconnue, elle fait pourtant actuellement des ravages dans le monde professionnel

En réfléchissant plus loin encore : ne serions-nous pas toutes et tous source potentielle de toxicité pour les autres et pour nous-mêmes, n’avons-nous pas tous notre part d’ombre ? Nous pouvons être cause et victime de la toxicité, et le plus souvent, si l’on n’est pas suffisamment vigilant, la toxicité fera tache d’huile et c’est le système entier qui pourra devenir néfaste et contre-productif.

VERS UNE ORGANISATION BIOCOMPATIBLE

Toutes les ressources se trouvent à l’intérieur de nous, et nous avons tous la possibilité de créer des organisations, des équipes compatibles avec notre fonctionnement biologique, alliant bien-être et performance. Quelle qu’en soit la cause profonde, un niveau de stress important aura tôt ou tard une répercussion sur le bien-être et la performance.

QUELQUES CONSEILS

  • Prendre réellement en considération les symptômes du stress, même léger car ils indiquent qu’un dérapage est potentiellement en train de se produire
  • Bâtir des équipes et des fonctionnements incluant en même temps un minimum de structure, et une structure suffisamment souple pour pouvoir être adaptée
  • Miser sur les relations et l’harmonie entre toutes et tous
  • Veiller à une excellente cohérence entre responsabilités et degré d’autonomie
  • Clarifier l’identité de chacun au sein de l’entreprise
  • Instaurer une culture du feed-back

POUR EN SAVOIR PLUS

Le CFIP ouvre une nouvelle école en septembre : l’Ecole des Neuro-Sciences dans le but d’offrir une large palette d’approches et de méthodologies et ainsi de répondre au maximum de souhaits. Cette école s’inscrit dans une vison positive de l’être et des organisations.

Les fondements de l’Ecole des Neuro-Sciences du CFIP s’appuient sur différentes approches :

  • Les neurosciences
  • L’Approche Neuro-Cognitive et Comportementale initiée par le Docteur Jacques Fradin (Paris)
  • Les lois de la physique
  • La mobilisation du corps