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Hommage à Jacques Van de Graaf

Jacques Van de GraafJacques Van De Graaf nous a quittés ce 19 juin 2018.

Brillant psychosociologue, il avait fondé avec Raymond Hostie, le CFIP en 1970. Il n’a cessé de s’y investir, en tant que membre du Conseil d’Administration, formateur et superviseur, mais aussi homme généreux , critique et attentif aux évolutions du métier et aux besoins des collègues.

Résumer son parcours professionnel serait difficile : infatigable formateur et intervenant, il a animé de nombreuses sessions et aidé, interpellé, confronté, éclairé un nombre incalculable de cadres et de travailleurs sociaux au cours de supervisions individuelles ou en équipe. Il a collaboré avec des personnalités telles que Pierre De Locht ou l’abbé Pierre, dirigé l’ISSHA, Institut Supérieur des Sciences Humaines Appliquées de Mons, il fut actif dans des associations telles que l’Ecole des Parents et des Educateurs (EPE) ou le Collectif des Femmes, tout en trouvant le temps d’écrire des articles, nouvelles , pièces de théatre…

Beaucoup se souviendront de la pertinence de ses interventions et de son observation fine des relations humaines. Avec son esprit critique, sa perspicacité, son humour pince-sans-rire, il était capable de porter un regard aiguisé et parfois décapant sur les réalités sociales et sur le fonctionnement des groupes et des personnes. Les nombreux collègues et participants qui l’ont vu conduire des groupes, ont pu admirer sa pertinence et son impertinence, son art de mettre des mots, avec une certaine fausse naïveté, sur les non-dits et les prises de pouvoir. Car ses remarques iconoclastes tombaient toujours juste et jamais Jacques n’avait peur de donner « un coup de pied dans la fourmilière ».

Jacques Van de GraafA l’intérieur de l’équipe du CFIP, sa générosité et son amitié étaient discrètes mais bien réelles et il a souvent manifesté sa présence affectueuse auprès de personnes qui traversaient une période difficile. Il écrivait en 2006 à propos de l’histoire du CFIP : « Nous sommes nourris de tolérance - fût-elle sélective, bougonne, rancunière -, et d'amitié se faufilant entre les stéréotypes et les prises de position tenaces », et sa conclusion de l’époque résonne toujours aujourd’hui : "Chacune et chacun, avec le mental, le désir, le temps, les moyens qu'ils investissent, à leur place particulière sont irremplaçables parce que, même quand ils ne sont plus là, leur souvenir et plus que leur souvenir, leur trace, leur empreinte, quelles qu'aient été leurs fonctions, demeurent dans le terreau de notre organisation".

Merci Jacques pour toutes celles et ceux que tu as formés, interpellés, aidés à réfléchir en vue d’une action plus juste , clairvoyante et authentique au service des personnes et de la société.

Ecrit par Pierre Dubruille, formateur Senior et Coach au CFIP, ancien directeur du CFIP.