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Formations à destination des acteurs du réseau associatif

Le CFIP est reconnu comme organisme d'Education permanente par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour son action dans le secteur associatif.

Une organisation d’éducation permanente a pour objectif de favoriser et de développer, principalement chez les adultes:

  • une prise de conscience et une connaissance critique des réalités de la société ;
  • des capacités d’analyse, de choix, d’action et d’évaluation ;
  • des attitudes de responsabilité et de participation active à la vie sociale, économique, culturelle et politique (article 1er du décret du 17 juillet 2003).


Suivant l’article 1er §2 du décret "relatif au soutien de l’action associative dans le champ de l’éducation permanente" (17 juillet 2003),
"l’objet social est: le développement de l’action associative dans le champ de l’éducation permanente, qui vise l’analyse critique de la société, la stimulation d’initiatives démocratiques et collectives, le développement de la citoyenneté active, l’exercice des droits sociaux, culturels, environnementaux et économiques, dans la perspective d’émancipation individuelle et collective des publics en privilégiant la participation active et l’expression culturelle".

Pour plus d’informations sur l’Education Permanente, consultez le site www.educationpermanente.cfwb.be ou encore www.culture.be


Les enjeux de société spécifiques identifiés par le CFIP dans son travail d’accompagnement des acteurs du réseau associatif

Le CFIP joue un rôle essentiel dans l’accompagnement des acteurs du réseau associatif. Celui-ci consiste à leur donner les moyens de s’inscrire dans une démarche d’éducation permanente en leur apportant les capacités utiles d’analyse, d’animation et d’action y compris dans la gouvernance et la gestion de leurs projets, de leurs équipes et de leurs moyens. Le CFIP offre cet accompagnement en permettant aux participants du monde associatif à ses formations d’acquérir des compétences d’animation, d’analyse, de pédagogie, de méthodologie et de communication. Pour ce faire, le CFIP a identifié des thématiques-phares sur lesquelles elle focalise son programme de formation et son accompagnement des acteurs du monde associatif.

Aider les organisations à fonctionner sur base d’objectifs et de critères de bonne gouvernance

Il s’avère que la question de la bonne gouvernance des organisations, et tout particulièrement des associations, continue à requérir une attention particulière. Les questions de la participation des acteurs associés au sein des organisations, de leur management et de la gestion des modes de communication sont étroitement liées à celle de la gouvernance.

Les associations sont par nature des organes constitués sur base volontaire entre des acteurs rassemblés pour réaliser un objet social et des missions au profit de la collectivité. Elles sont par là-même des organes emblématiques de l’exercice de la démocratie et de l’action citoyenne voire de l’exercice d’un contre-pouvoir critique vis-à-vis de diverses questions de société. Dès lors leur gouvernance, leur management et leur communication sont le reflet de leur manière d’aborder la société tout entière ainsi que ses enjeux et la manière d’y exercer la citoyenneté. Leurs pratiques représentent une image de la façon dont la démocratie, la participation, l’exercice par les individus d’une action commune sont organisés, gérés et exercés. Les associations sont des lieux d’excellence en la matière mais elles peuvent être aussi des exemples de dérives ou des contre-exemples de l’exercice démocratique et participatif. Entre ces deux extrêmes, elles restent souvent des endroits où se vivent des expériences positives mais aussi des difficultés à faire vivre le modèle démocratique et participatif. Les acteurs en présence sont amenés à entreprendre une analyse critique de leurs pratiques et à confronter ces analyses pour agir et pour répondre à leurs défis internes et externes. Elles ont besoin d’outils et d’intervenants qui peuvent les aider à avoir la prise de recul nécessaire pour entrer dans un vrai travail évaluatif de leurs modes de fonctionnement.

Le CFIP rejoint Paul Ricœur lorsque celui-ci dit : "Est démocratique, une société qui se reconnaît divisée ; c'est-à-dire, traversée par des contradictions d'intérêts et qui se fixe comme modalité d'associer à part égale chaque citoyen dans l'expression de ces contradictions, l'analyse de ces contradictions, la mise en délibération de ces contradictions en vue d'arriver à un arbitrage". Le CFIP considère donc que l’exercice de la démocratie sur le terrain associatif et sur celui des organisations en général est un enjeu majeur dans l’évolution actuelle de la société où la participation active du citoyen, où l’exercice des droits humains et des droits sociaux, où le respect de l’individu et de son intégrité sont loin d’être acquis voire se détériorent à de nombreux endroits.

Depuis quelques années, le contexte économique s’est dégradé. La concurrence fait rage y compris dans le secteur non-marchand et dans le secteur associatif. Les stratégies des organisations peuvent se faire plus agressives y compris vis-à-vis de leurs propres membres associés. Dans le même temps, les organisations du secteur non-marchand doivent faire face à des exigences légitimes de meilleure gouvernance et de meilleure gestion. Dès lors se développent en leur sein de nouveaux modes de management (tant des professionnels que des volontaires) centrés sur la mise en place de démarches d’amélioration, d’objectifs orientés « résultat » et d’évaluation des agents.

Ces évolutions créent un contexte où les acteurs ont le sentiment de se trouver confrontés à plus de demande, de pression et de tension. Les formes de management employées dans ce contexte semblent souvent se transformer en des stratégies expéditives où seul le résultat compte. Tout semble y devenir permis. Les processus de management qui s’y installent, paraissent se limiter à l’utilisation de pratiques tournées uniquement vers le résultat immédiat.

Le CFIP se positionne très nettement contre un tel positionnement de certaines organisations et contre les formes de management qui agressent et exploitent les individus. Il plaide pour un management qui associe les acteurs concernés pour une construction et une gestion du projet associatif de manière largement participative. Le CFIP défend une telle approche non seulement pour des raisons éthiques évidentes mais également parce qu’elles font la preuve de la plus grande efficacité au niveau de la qualité des projets réalisés. Toutefois cette démarche participative et collaborative n’est pas une recette toute faite. Elle comporte aussi ses limites et ne dispense pas de la clarification et de l’exercice des rôles et des responsabilités au sein des organisations. Elle invite à s’interroger sur les conséquences de certains choix managériaux.

Des inégalités se manifestent dans le champ du travail et de l’emploi. Elles concernent notamment la place des jeunes (formation, entrée dans la vie active, insertion dans l’emploi), des femmes (statuts, rémunérations, conciliation vie professionnelle – vie familiale) et des travailleurs âgés (exclusion précoce, difficulté de réinsertion). Les secteurs associatifs sont aussi traversés par ces questions liées à l’emploi. Il est donc crucial pour un intervenant comme le CFIP d’aborder ces problématiques en lien avec la gestion des ressources humaines dans les organisations. Le CFIP ne manque pas de le faire notamment quand ses formateurs et intervenants travaillent sur des problématiques liées à la gestion des compétences.

Le CFIP se veut d’être non seulement une organisation militante d’une forme de gouvernance centrée sur la responsabilité et sur l’éthique du management des individus (professionnels, volontaires, bénéficiaires, …) mais d’être également un acteur exemplatif de cette pratique associative. Comme centre de formation reconnu dans le cadre du Décret du 17 juillet 2003, le CFIP fait de ce positionnement un des piliers importants de sa légitimité comme organisation d’éducation permanente mais également comme centre de formation reconnu dans l’axe 2 du décret. Dans ce cadre, le CFIP fait la promotion d’une telle approche dans toutes ses activités de formation et d’intervention y compris dans le cadre des séances de coaching et de supervision auprès des acteurs associatifs et des services publics qu’ils soient responsables, animateurs, formateurs, membres à titre professionnel ou volontaire.

Aider à développer des modes de communication, au sein des organisations, basés non pas sur des rapports agressifs et violents mais sur des rapports coopératifs, solidaires, participatifs et émancipateurs

Comme il a été évoqué dans le point précédent, la société et son évolution génèrent différentes formes de confrontations entre les individus. Ces confrontations peuvent comporter en elles-mêmes des sources de débat et d’échanges riches pour l’exercice de la démocratie et de la citoyenneté. À cet effet, il y a lieu de distinguer ce qui est de l’ordre du désaccord en lien avec la définition de la démocratie de Paul Ricœur reprise ci-dessus et ce qui est de l’ordre du conflit violent. Dans un cadre démocratique, il est donc nécessaire de développer une culture du désaccord « bienveillant » et de l’accepter. Mais les conflits peuvent aussi représenter une occasion de confrontations plus violentes et plus agressives entre les individus et les groupes d’individus. Les conditions dans lesquels les individus sont placés par les évolutions et les contextes rencontrés peuvent expliquer bon nombre de ces situations de violence : injustices, inégalités, formes d’exploitation et de harcèlement, négation des droits humains et sociaux, spoliations diverses, modes de management ou de communication inadéquats, absence de prise en considération des réalités sociales, … Quels que soient les contextes rencontrés, il est essentiel de pouvoir analyser ces contextes afin de pouvoir y déceler par une approche évaluative les sources réelles des violences et des réactions agressives. Le CFIP considère que, dans toute approche de la question de la violence et de l’agressivité, un tel positionnement critique est indispensable. Son approche de ces thématiques en termes de formation repose dès le départ sur la prise en considération des situations, des contextes et des besoins auxquels les intéressés sont confrontés en situation d’agressivité et de violence.

D’autre part, l’évolution de la société est marquée par une montée en puissance de l’individualisme. Dès lors il apparaît au CFIP nécessaire de réinscrire toute forme de travail sur ces thématiques dans une perspective de promotion de la coopération, de la solidarité entre les individus, de participation et d’autonomie pour l’émancipation des individus. Les formateurs et intervenants du CFIP s’y attachent particulièrement dans le traitement de ces problématiques.

Ces conditions de rapports entre les individus se traduisent aussi bien par des comportements individuels que par des comportements de groupes, des pratiques organisationnelles ou au travers d’évolutions institutionnelles.

Dans ses formations à destination des individus-citoyens d’une part, des acteurs au sein des organisations (groupes, équipes, services, institutions sur les terrains des associations) d’autre part, les formateurs et intervenants du CFIP orientent le travail sur ces réalités et ces principes vers une prise de conscience, vers une analyse critique et vers une mise en action qui peuvent faire évoluer les acteurs concernés quant à la manière de voir, de concevoir et de mettre en pratique.

Développer pour les individus, pour les groupes d’individus et pour les institutions la capacité d’adopter des comportements individuels et collectifs orientés vers la bientraitance

Le terme de "bientraitance" est apparu pour éviter de connoter des comportements souvent tenus de bonne foi, mais dont l’effet s’apparente à de la maltraitance. Ceux-ci se retrouvent dans tous les aspects de la vie en société (famille, école, travail, loisirs), aussi bien vis-à-vis des enfants, des jeunes, des personnes âgées, entre adultes que vis-à-vis de professionnels engagés dans des statuts, des processus et des relations de travail qui ne les respectent pas. Les conséquences d’attitudes et de contextes maltraitants ne sont pas seulement douloureuses pour les individus, elles sont délétères pour la vie en société, par le climat qu’elles développent autour d’eux.

Comme nous l’avons souligné ci-dessus, l’évolution de la société par une marchandisation croissante dans tous les secteurs, par une promotion du consumérisme et du paraître, par une montée en puissance de l’individualisme, pousse les individus, groupes d’individus et institutions à ne plus considérer que le résultat espéré comme seul critère de référence pour les comportements adoptés. La seule clé qui prédomine trop souvent pour les comportements individuels et collectifs est la réponse aux besoins immédiats.

Il importe donc d’aborder les questions liées aux rapports individuels et collectifs dans une perspective qui dépasse la simple satisfaction des besoins immédiats mais de les inscrire dans une perspective de réaffirmer les valeurs individuelles et collectives et de les faire ré-émerger. Le travail du CFIP consiste dès lors à effectuer cette trajectoire avec les acteurs du monde associatif avec lesquels il travaille. Cela aussi bien pour en dégager les formes de bientraitance et de prévention à promouvoir au sein des organisations en elles-mêmes dans leurs propres manières de gérer leurs rapports internes que dans la façon dont elles peuvent être des intermédiaires aptes à promouvoir ces mêmes comportements auprès des publics avec lesquels elles œuvrent.

Cette approche de la bientraitance est donc également développée par le CFIP dans son travail plus spécifique avec les acteurs qui sont en lien avec les public des adultes en difficulté et des personnes âgées. De fait différentes évolutions sont à remarquer à cet égard notamment en lien avec les questions du handicap et du vieillissement.

La recherche d’autonomie pour les personnes en situation de dépendance et la prolongation de la durée de la vie posent un contexte plus spécifique concernant les personnes qui se trouvent en situation de dépendance et donc de fragilisation par un manque d’autonomie. Cette question de la dépendance qu’elle soit physique ou mentale peut également se manifester sur le plan financier. Elle crée dès lors des conséquences en termes de perte d’autonomie (comme nous l’avons déjà précisé) mais également en termes d’inégalités, de maltraitance voire d’exploitation.

Ces évolutions ont également pour conséquence de voir se développer les structures de prise en charge. Au-delà des nécessités auxquelles ces structures sont appelées à répondre, les conditions dans lesquelles elles accueillent leur public posent encore souvent de gros problèmes. La question de la marchandisation de ce secteur qui n’en est pas l’unique raison (les thématiques abordées ci-dessus sont également présentes dans cette problématique) génère néanmoins un contexte où est interrogée la place de l’humain dans des rapports à connotation de plus en plus commerciale.

Le CFIP accompagne tous les intervenants de ces secteurs en mettant en exergue ces évolutions en les amenant à les analyser de manière critique et à en intégrer les conséquences dans les rapports sociaux au sein des institutions, des services et des associations qui agissent avec ou à destination de ces publics. Les droits sociaux et humains sont mis en évidence de manière à ce que les acteurs concernés puissent les considérer et les respecter dans leur accompagnement des personnes âgées.